Ambassade de Guinée en France

Grands projets gouvernementaux

BARRAGE HYDROELECTRIQUE DE KALETA

L’aménagement hydroélectrique de Kaléta situé sur le Konkouré dans la sous préfecture de Tondon, préfecture de Dubréka, à 115 km en ligne droite au nord-est de Conakry et à 130 km en amont de l’embouchure du fleuve Konkouré, en territoire de la république de Guinée. La cote de retenue normale est de 110 m, avec un réservoir au fil de l’eau qui aura une superficie de 2,82 km² et un volume total d’eau de 22 millions de m3 ou 22 h m3. L’aménagement comprendra les ouvrages ci – après: – Barrage poids en béton compacté au rouleau (BCR) d’une hauteur sur fondation de 22 m et une longueur en crête de 983 m, – Usine électrique en pied de barrage équipée de 3 groupes turbines-alternateurs de type Kaplan de 80 MW chacun de puissance installée et un débit d’équipement de 180 m3/s par groupe, soit un débit d’équipement total de 540 m3/s; alimentée par 3 conduites forcées qui amènent l’eau aux bâches spirales des turbines Kaplan de la centrale, -Ligne 225 kV de raccordement au réseau 225 kV de l’OMVG, -Cités d’habitation du maître d’ouvrage, -Route d’accès d’une longueur de 69,5 km depuis la localité de Koubiya sur la route nationale Conakry – Boké.

L’interconnexion des réseaux électriques des quatre pays membres constituée: -d’une ligne 225 kV bouclée de longueur totale de 1 677 km, en alliage d’aluminium de sections 570 mm² et 228 mm², ayant une capacité de transit thermique en boucle de 800 MW et dont un des câble de garde est équipé de fibres optique, -14 postes 225/30 kV et un poste 225/110/30 kV, -et d’un système automation avec un dispatching principal à Kaléta et d’un dispatching de repli à Sambangalou.

OBJECTIFS:

L’objectif sectoriel du projet vise à renforcer la coopération et l’intégration régionale des pays membres de l’OMVG dans le secteur de l’énergie, et particulièrement dans le sous-secteur de l’électricité. Le Projet a pour objectifs spécifiques la réalisation du barrage hydroélectrique de Sambangalou, ainsi que de la ligne d’interconnexion des réseaux électriques des quatre pays membres de l’OMVG

BARRAGE HYDROELECTRIQUE DE SOUAPITI

L’accès à l’électricité est une priorité affichée par le président réélu, Alpha Condé. Un vaste chantier que le barrage de Souapiti doit permettre de faire avancer.

La prise électrique fichée dans le mur de la maison d’Aboubacar Sylla n’a jamais servi à rien. Sauf à entretenir l’espoir d’être, un beau jour, raccordé au réseau électrique. Une promesse faite aux Guinéens par Alpha Condé dès sa première élection à la présidence, en 2010, mais qui tarde à se concrétiser. En 2017, le taux d’accès des foyers à l’électricité était seulement de 29 % en Guinée, selon la Banque mondiale, et même de 3 % dans les zones rurales. Réélu le 18 octobre pour un troisième mandat, Alpha Condé continue d’afficher comme une priorité le développement du secteur énergétique, alors que le pays disposse d’un réseau fluvial exceptionnel pour l’hydroélectricité.

Même si leur prise électrique est encore inerte, Aboubacar Sylla, sa femme Mariam et leurs douze enfants peuvent témoigner, contraints et forcés, des efforts accomplis dans ce domaine. Il y a trois ans, ils ont dû abandonner leur village de Tagbe Corea, évacué puis englouti sous les milliards de mètres cubes de retenue d’eau du barrage de Souapiti, le plus grand de Guinée, à 115 km au nord de Conakry. Quelque 16 000 personnes réparties dans 92 villages ont ainsi été déplacées et relogées sur 19 nouveaux sites. Soit le plus grand mouvement de population de l’histoire de la Guinée indépendante.

« Le programme de construction de logements et d’assistance alimentaire est plutôt une réussite, mais maintenant le principal défi est de rétablir les moyens de subsistance des populations touchées par la construction du barrage », reconnaît Paul Guilavogui, chef du plan de gestion environnemental et social du Projet d’aménagement hydraulique de Souapiti (PAHS), une structure créée pour l’occasion. Certes, l’impact humain de la construction de Souapiti n’est pas neutre, mais sans lui, comment imaginer faire remonter le très faible indice de développement humain, qui mesure la qualité de vie des 12,5 millions de Guinéens ? Le pays pointe actuellement au 174e rang (sur 189) dans le classement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

« Construire des barrages, ça prend du temps et ça coûte cher, mais on n’a pas le choix dès lors qu’on ne veut pas produire d’énergie à base de charbon », plaide Khalil Kaba, conseiller spécial chargé des grands projets à la présidence. D’autant que les délestages sont régulièrement source d’émeutes, comme en juin 2019 dans la banlieue de Conakry. « Le secteur énergétique, et principalement hydroélectrique, est vital pour nous, car nous avons l’obligation de développer une industrie de transformation », explique Malado Kaba, ancienne ministre de l’économie et actuelle présidente du Haut Conseil de l’autorité de régulation des secteurs de l’électricité et de l’eau potable en Guinée.

Souapiti, construit par la China International Water & Electric Corporation (CWE, filiale du deuxième constructeur de barrages au monde, China Three Gorges Corporation) et financé grâce à un prêt de l’Eximbank chinoise à hauteur de 1,7 milliard de dollars (environ 1,4 milliard d’euros), devrait entrer en production d’ici à la fin de l’année. Sa capacité de 450 mégawatts (MW) permettra, à terme, de quasiment doubler la puissance électrique installée. C’est le troisième barrage construit en Guinée sur le fleuve Konkouré. Celui de Garafiri, érigé en 1999, est censé avoir une capacité de 75 MW, mais sa production est très souvent inférieure, en raison des influences saisonnières. Celui de Kaléta, mis en service en mai 2015, n’atteint pas non plus en permanence sa capacité totale de production (240 MW). Le gouvernement guinéen espère qu’en régulant le flux du Konkouré, Souapiti va permettre d’augmenter la capacité de Kaléta tout au long de l’année.

Des opérations de terrassement ont également commencé sur le site d’un quatrième barrage à Amaria, toujours sur le Konkouré. Ce fleuve concentre l’essentiel du potentiel hydroélectrique de la Guinée, parfois qualifiée de « château d’eau » d’Afrique de l’Ouest : 1 200 MW sur les 6 000 identifiés (à titre de comparaison, la puissance des dernières centrales nucléaires construites en France est de 1 400 MW). Mais surtout, il dispose de caractéristiques géologiques et fluviales propices aux gros ouvrages.

  « Soulager les populations et les entreprises »

Le site de Souapiti, avec son verrou rocheux naturel, avait d’ailleurs été identifié dès les années 1950 par les ingénieurs d’Electricité de France (EDF). Le projet énergétique du colonisateur français était alors d’alimenter une industrie de transformation de la bauxite, dont le pays regorge, en alumine voire en aluminium. Il aura donc fallu près de soixante-dix ans avant que ce projet ne devienne réalité, avec les mêmes objectifs. « Souapiti ne couvrira pas tous les besoins, mais on aura fait un grand pas. Il soulagera les populations, surtout à Conakry, et les entreprises minières », explique Matho Victorian Sagno, ingénieur électricien au PAHS. A condition toutefois de résoudre la question de la distribution. « Le réseau actuel n’est pas formaté pour supporter la puissance du barrage », reconnaît l’ingénieur.

Ensuite, l’approvisionnement des foyers devra aussi passer par l’installation de compteurs électriques fiables pour espérer augmenter les recettes. « Le prix du kilowattheure guinéen est l’un des plus bas de la région », rappelle Malado Kaba. Encore faut-il que le consommateur règle sa facture. Ce qui est très loin d’être la règle, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers. Electricité de Guinée (EDG), société largement subventionnée par l’Etat, affiche ainsi un déficit chronique creusé par des tarifs trop bas, par l’obsolescence de ses installations mais aussi par la mauvaise gouvernance et la corruption de tout le système, qui permet à nombre de Guinéens de payer les agents d’EDG directement de la main à la main. « Il faut faire le ménage, mais c’est socialement explosif », concède une source chez EDG.

La consolidation des revenus du secteur énergétique reposera donc en grande partie sur l’exportation et la fourniture aux professionnels. « L’interconnexion de nos réseaux électriques avance au niveau régional. Cette intégration énergétique est fondamentale, plaide Malado Kaba. A eux deux, le Nigeria et la Guinée concentrent 40 % du potentiel hydroélectrique d’Afrique de l’Ouest. » Une notion irréelle pour Aboubacar Sylla et sa grande famille. Ce n’est pas demain qu’ils pourront renoncer à leur lampe à piles.

Christophe Châtelot(Conakry, Souapiti, envoyé spécial)

RENOVATION CHU DE DONKA

Lors de la cérémonie inaugurale de l’équipement d’imagerie par résonance magnétique (IRM), à la Caisse nationale de la sécurité sociale, hier mercredi,  le président de la République, Alpha Condé, s’est expliqué sur les améliorations prévues sur le CHU de Donka. Il a annoncé que : « Nous avons dit aux Cubains, qu’ils avaient des médecins au Brésil, mais comme ça ne va pas entre vous, nous voulons que certaines viennent ici. Parce que l’hôpital Donka, disons la vérité, on ne peut pas le gérer pour le moment, nous n’avons pas cette force. Si nous disons de forcer la gérance, nous ne pourrons pas, parce que Donka avant, c’était sale, il n’y avait pas d’ascenseurs, il y avait 10 ou 20 personnes dans une seule salle de soin ; ce qui n’était pas bon. Aujourd’hui, il y a des ascenseurs partout, il y a par salle désormais, une, deux, trois ou au maximum quatre personnes. Donc, il faut l’entretien, et nous ne savons pas faire l’entretien. Regardez Conakry aujourd’hui, partout il y a des ordures et cela ne dérange personne. Les ordures sont à proximité, et les mouches y viennent, mais tu y manges et cela ne t’empêche pas de manger. Mais si tu n’arrives pas à assainir chez toi, comment pourras-tu assainir ailleurs ? L’hôpital Donka va finir bientôt, nous avons demandez aux Cubains ».

Le Pr Alpha Condé a poursuivi en disant : « Deuxièmement,  il y a beaucoup de nouvelles machines qui arrivent, des machines que nous ne pouvons pas entretenir ; il faut qu’on se dise la vérité. Vous savez, avant, quand le chirurgien opérait les patients, il fallait que les apprenants soient là pour voir comment il le faisait. Mais une fois que l’hôpital Donka va rouvrir, les apprenants resteront en classe et suivront le médecin pendant que ce dernier fera (…) Deuxièmement, quand le médecin sera inquiet pour une opération, s’il ne sait plus quoi faire. Il pourra appeler un autre médecin à Paris ou New York, pour que ce dernier lui donne des instructions qu’il pourra suivre jusqu’à faire l’opération avec succès ».

Enfin : « Et puis vous avez un défaut, quand vous avez mal quelque part, vous restez à la maison jusqu’à ce que la maladie s’aggrave, pour aller à l’hôpital ou allé voir les médecins vauriens qui disent qu’ils ont une clinique, ou des guérisseurs, qui disent savoir soigner le cancer ou Ebola. Acceptez que dès que vous aurez mal à la tête, de vous rendre à l’hôpital ; ne vous asseyez pas pour dire c’est le palu ou la typhoïde ; il faut aller chez le médecin pour qu’il te dise ce qu’il y a et te prescrive des médicaments. Vous allez vous mettre à dire, j’ai mal à la tête, c’est le palu ; mais vous n’êtes pas docteur, allez voir les médecins pour qu’il te dise ce qu’il y a, c’est ce qui va te soigner ».

Abdou Lory Sylla pour Guinee7.com

HÔPITAL SINO-GUINEEN

La première édition du Forum médical sino-ouest-africain des 26 et 27 avril à Conakry, a été l’occasion de la signature d’un accord destiné à mettre en place de deux centres d’excellence à l’hôpital sino-guinéen.

Dans son discours d’ouverture, l’ambassadeur de Chine en Guinée, Bian Jianqiang, a expliqué que «c’était en 1968, quand la Chine était encore peu développée et confrontée aux multiples difficultés, le gouvernement chinois, profondément attaché à l’amitié sino-guinéenne et sino-africaine et dans l’esprit de solidarité, a décidé sans aucune hésitation d’envoyer 36 médecins et infirmiers chinois en Guinée. Depuis cette année-là qui a marqué le début de la coopération sanitaire sino-guinéenne, 26 équipes médicales chinoises et plus de 700 professionnels de santé chinois sont venus successivement en Guinée pour se consacrer aux services auprès de la population guinéenne».

En présence d’experts venus du Bénin, de Côte d’Ivoire, du Mali, du Niger et du Sénégal, et de plus de 40 scientifiques guinéens et experts chinois, le forum a permit de créer une plateforme d’échange scientifique entre les hôpitaux de la sous-région ouest-africaine et les partenaires chinois impliqués dans la santé publique en Afrique.

Améliorer le système de santé de la Guinée

Durant deux jours, les participants ont pu se pencher sur les technique d’amélioration de la pratique hospitalière, la contribution du numérique au développement du système hospitalier et le partage d’expérience et d’expertise entre médecins chinois et africains.

Ainsi, les soins palliatifs, les soins en Afrique Subsaharienne, ainsi que les défis et les perspectives ont été analysés, lors de ce forum organisé à l’occasion du 50ème anniversaire de la première mission médicale chinoise en Guinée.

Le directeur de l’Hôpital de l’Amitié sino-guinéenne, mis en service en 2012, le Dr Ibrahima Camara a précisé que l’essentiel des interventions s’est centré sur le domaine de la neurochirurgie et de la chirurgie non invasive.

De son côté, Bian Jianqiang a estimé que la tenue de ce forum allait sûrement apporter une contribution de poids à la coopération sanitaire internationale, surtout sino-guinéenne. Ce dernier a d’ailleurs assuré que «la coopération sanitaire sino-guinéenne ne cesse d’enregistrer de nouveaux résultats»

Au nom de son gouvernement, le secrétaire général du ministère guinéen de la Santé, le Dr Sékou Camara, a dit espérer que cette importante rencontre de Conakry permette de répondre aux attentes des populations de son pays et des pays africains participants en matière de santé publique et de développement des structures sanitaires.

Il a également souhaité que le forum aille au-delà des échanges formels, mais vers une résolution de certaines maladies sur le sol guinéen, et la formulation de recommandations concrètes pour renforcer le système de santé des Guinéens.

Renforcement de la coopération médicale et sanitaire

Un protocole d’accord entre les autorités chinoises et guinéennes a été signé lors du lancement de la 1ère édition du forum médical sino-ouest africain de Guinée. Il s’agira d’établir deux centres d’excellence à l’hôpital sino-guinéen. Pour le directeur de l’hôpital sino-guinéen Dr Ibrahima Camara, «il s’agit de la création de deux pools d’excellence qui seront installés au sein de son établissement sanitaire, après son projet d’extension».

Le premier concernera le domaine de la traumatologie, car plus de 40% des cas d’évacuations sanitaires à l’extérieur de la Guinée concernent les affections traumatologiques, a précisé le Dr Ibrahima Camara. «Nous voulons que ces malades-là ne soient plus référés à l’extérieur», a souligné le directeur général de l’hôpital sino-guinéen.

Cela explique selon lui pourquoi «les parties guinéennes et chinoises mettent en place un projet d’amélioration de la prise en charge des pathologies liées au traumatisme».

Le second centre se concentrera sur l’apprentissage de la langue chinoise par les employés de l’hôpital sino-guinéen. Le Dr Ibrahima Camara a assuré qu’il est primordial de supprimer la barrière linguistique entre les médecins chinois et guinéens qui travaillent ensemble. Raison pour laquelle, «nous avons ouvert une classe de langue chinoise au sein de l’hôpital», a précisé Dr Camara. Côté chinois, il est prévu que les médecins chinois apprennent le français, «grâce à l’apport des médecins guinéens, afin que le travail se passe dans l’harmonie totale», a précisé l’agence de presse Xinhua.

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