Sory Kandia

Il était un de ces hommes se trouvant au bon endroit au bon moment. Issu d’une famille de musiciens et de conteurs, dans les jours foudreux précédant l’indépendance de la Guinée, il quitte la cour royale d’un dirigeant local pour rejoindre une communauté d’artistes et de futurs politiciens révolutionnaires. Jusqu’en 1958, l’année de l’indépendance de la Guinée, il était au summum de son pouvoir.

Le président et son gouvernement l’ont compris et Sorry Kandia Kouyaté, à son tour, a compris et embrassé la révolution. Il devient ’l’ambassadeur musical’ de sa nouvelle nation indépendante et, en tant que ’ la voix de la Révolution’, représenta la Guinée aux Nations Unies, à travers l’Afrique et derrière le rideau de fer.

Sur cet opus de 2 CD, nous présentons deux facettes de sa musique, la contemporaine et la traditionnelle pour expliquer pourquoi aujourd’hui, près de quarante ans après sa mort, il reste un artiste aimé et respecté.

  • DE L’EPOPEE MANDINGUE AUX SOLEILS DES INDEPENDANCES

Ceux qui ne l’ont jamais rencontré ou vraiment connu de son vivant, sont encore plus prolixes pour décrire la somptuosité de la voix de ce phénomène artistique, la majesté de ses gestes, la sublimité de son vocabulaire, constamment enrichi par la tradition. La voix de Sory Kandia Kouyaté – car il s’agit bien de lui- est fidèle aux canons de la musique africaine : langage et rythme, fonctionnalité et historicité. Parlant de Sory Kandia Kouyaté, l’ethnomusicologue Henri Lecomte écrit : « Celui-ci, a été une des voix les plus aimées de l’ouest africain.

Sa mort, le 25 décembre 1977, a été douloureusement ressentie dans toute l’Afrique de l’ouest.

Comme nombre de musiciens de la région, il s’est aussi bien exprimé dans un contexte très traditionnel, accompagné par son propre ngoni, le bala de Djéli Sory Kouyaté et la kora de Sidikiba Diabaté, que dans un contexte moderne avec les claviers et le saxophone de Kèlètigui Traoré ». De lui, un confrère écrivait, incognito, en 1964 : ’’musicien sensible et fin, Kouyaté Sory Kandia n’égraine sur sa guitare que les notes veloutées de l’amour, l’amour du bien et de la vie, et sa puissante voix ne s’élève jamais que pour chanter les vertus traditionnelles de la société africaine dont il sait les moindres les principes sur le bout de ses doigts.